Y'a rebaptisé notre lac. Moi j'ai rebaptisé ma fosse septique.

Y'a rebaptisé notre lac. Moi j'ai rebaptisé ma fosse septique.

Un dispatch d'un pays qui existait bien avant le deal.

Ça a commencé ce matin

Je prenais mon café — canadien, évidemment — quand la nouvelle est tombée.

Apparemment, le lac Ontario a un nouveau nom maintenant. Décidé quelque part au sud de la frontière, par quelqu'un qui n'a probablement jamais mis les pieds sur ses rives en novembre, jamais senti le vent venir de l'eau, jamais compris ce que ça représente pour un pays qui s'est construit autour de lui.

Quand j'étais petit, les films de peur nous faisaient craindre les petits bonhommes verts. Des envahisseurs de l'espace. Des soucoupes volantes. La menace existentielle venue des étoiles.

Personne nous a avertis du gros bonhomme orange avec un marqueur.

L'audace du rebaptême

Soyons clairs : le lac Ontario s'appelle lac Ontario depuis bien avant que les États-Unis existent.

Le nom vient du mot wyandot « Ontarío » — « grande eau » ou « eau scintillante ». Les peuples autochtones l'ont nommé des siècles avant qu'on trace une frontière, signe un accord commercial, ou invente une plateforme sociale pour annoncer des décisions géopolitiques entre deux parties de golf.

On renomme pas ce qui a jamais été à toi.

Mais voilà ce qui est beau avec le Canada : on ne panique pas. On ne rage pas. On fait quelque chose de beaucoup plus dangereux pour nos adversaires :

On rit. Et ensuite on se met à l'ouvrage.

Ma réponse officielle

Ce matin, j'ai marché jusqu'au fond de ma cour et j'ai officiellement rebaptisé ma fosse septique.

Je dirai pas le nom exact. C'est de famille ici. Mais je peux vous dire que ça rime avec un lac que quelqu'un essaie de nous voler.

Google Maps, si tu passes par là : mise à jour bienvenue. 🗺️

Le Canada existait avant le libre-échange

Voilà un fait qui se perd dans le bruit :

Le Canada était un pays depuis 120 ans avant l'ALENA. On a survécu à deux guerres mondiales, à la Grande Dépression, à la Crise d'octobre, à la disparition du thème de La Soirée du hockey. On a construit des chemins de fer dans des montagnes. On a inventé l'insuline. On a donné Céline, Gretzky et la poutine au monde entier.

On avait pas besoin d'un traité pour exister. On a pas besoin d'un rebaptême pour savoir c'est quoi notre identité.

Ce dont on a besoin — ce dont on a toujours eu besoin — c'est les uns des autres.

Se tenir debout, ça ressemble à ça

Ça ressemble pas toujours à un discours au parlement ou à une pancarte dans une manif.

Des fois, se tenir debout, ça ressemble à choisir une marque québécoise au lieu d'une multinationale. Commander chez le petit producteur d'à côté au lieu du géant d'en bas. Trouver le maker de Montréal, l'artisan de Charlevoix, l'entrepreneur de Rouyn-Noranda qui bâtit quelque chose de vrai.

C'est ça, Kastor.club. Pas anti-américain. Pas en colère. Juste fièrement canadien — fort, debout, et avec le sens de l'humour pour rebaptiser une fosse septique.

Le lac est encore là

Peu importe comment on l'appelle sur une carte, le lac Ontario va continuer à faire exactement ce qu'il a toujours fait — être immense, être canadien, et s'en crisse royalement de ce que le monde pense.

Nous autres pareil.

On était là avant le deal. On va être là après les fanfaronnades. Et on va continuer à bâtir, acheter local, et rire — parce que c'est ce que les Canadiens font quand quelqu'un essaie de nous brasser.

Le lac a pas besoin d'un nouveau nom.

Nous non plus.

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